Santé mentale chez les jeunes migrants arrivés Mineurs Non Accompagnés, au sortir de la protection de l’enfance : des questionnaires validés à l’analyse de discours – une approche mixte

Les jeunes majeurs isolés étrangers (JMIE) arrivés en France en tant que mineurs non accompagnés et pris en charge par la Protection de l’Enfance, représentent une population particulièrement vulnérable. Ils cumulent les risques sanitaires de plusieurs populations sensibles, étant à la fois migrants, adolescents, isolés et possiblement expulsables à leur majorité, ce qui peut être vécu comme un traumatisme supplémentaire.
L’objectif de cette étude était de mieux comprendre le vécu et le contexte de cette transition à la majorité. Nous avons adopté une approche mixte pour 1) décrire les troubles de la santé mentale (troubles dépressifs, anxieux, somatiques, post-traumatiques, résilience) à l’aide d’échelles psychiatriques standardisés et validés, et 2) situer ces troubles dans le contexte des difficultés rencontrés et des changements positifs et négatifs lors de ce passage à la majorité, par l’analyse de contenu des réponses à des questions ouvertes.
Les questionnaires ont été administrés en face-à-face par un enquêteur (entretien d’1h30). 110 jeunes ont participé dans 3 villes (Chambéry, Montpellier, La Rochelle) en 2019.
Cette population présentait des troubles de santé mentale relativement élevés par rapport aux valeurs normatives, en particulier en ce qui concerne l’anxiété et le stress post-traumatique, mais comparable aux rares autres études sur les tous jeunes migrants. D’après l’analyse de contenu, cette transition à l’âge adulte se caractérise par un contexte d’insécurité avec comme difficulté principale l’incertitude sur l’avenir et la complexité des démarches administratives, un sentiment de solitude et d’abandon, un manque de ressources et de stabilité financière, de la tristesse, de la douleur et du stress dans leur vie quotidienne. Les verbatims traduisent un niveau de détresse élevé chez certains, alors que d’autres se montrent davantage résilients à la fois dans leur discours et d’après leurs scores à l’échelle validée de résilience.
juin 11 @ 10:00
10:00 — 10:30 (30′)

Salle 206

GANDUBERT Catherine, NORTON Joanna | Institut des Neurosciences Université de Montpellier Inserm

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